EPISODE 1

TROIS REPÈRES POUR BIEN GÉRER VOTRE SITUATION DES 2018

 

Vous êtes probablement en train de finaliser votre déclaration de revenus 2017 pour votre impôt au mois d’août. Vous savez aussi qu’à partir du 1er janvier 2019, les modalités de paiement de l’impôt sur le revenu vont changer avec la mise en place du prélèvement à la source. Votre impôt sera directement prélevé sur votre rémunération en tant que dirigeant, mais aussi sur le salaire de vos salariés. Votre entreprise ne vous versera donc « que » votre rémunération nette d’impôt.

Pour éviter que vous n’ayez à payer en 2019 deux impôts (l’impôt sur vos revenus 2019 à partir de janvier et l’impôt sur vos revenus 2018 en août 2019), vous bénéficierez d’un crédit d’impôt sur vos revenus dits « habituels » de l’année 2018. C’est ce que les médias appellent l’année blanche, et l’administration fiscale l’« année de transition ».

Alors, comment vous y retrouver dans cette réforme ? Et que devez-vous retenir ?

Je vous propose cinq repères pour bien gérer la transition entre l’ancien et le nouveau système de paiement de l’impôt sur le revenu.

Dans ce premier article, je vous propose de nous concentrer sur les repères que vous devez avoir pour l’année en cours, l’année 2018. Car en effet, la réforme commence … dès maintenant et vous allez comprendre pourquoi.

REPÈRE N°1 : QUELLE REMUNERATION POUR 2018 ?

A quelle rémunération s’applique cette fameuse « année blanche », ce crédit d’impôt sur vos revenus « habituels » de 2018 ? L’administration fiscale va se référer à votre situation en 2015, 2016 et 2017. Si votre rémunération en tant que dirigeant en 2018 ne dépasse pas la plus élevée de vos rémunérations de ces trois dernières années, alors elle bénéficiera de l’année blanche. En août 2019, vous n’aurez pas à régler d’impôt sur le revenu correspondant à cette rémunération 2018.

La détermination du montant de votre rémunération 2018 revêt donc une importance particulière cette année.

En revanche, si votre rémunération 2018 excède la plus élevée de ces trois dernières années, la partie excédentaire sera considérée comme « exceptionnelle ». Elle ne bénéficiera pas de l’année blanche, mais sera imposée selon votre taux moyen d’imposition.

Conclusion ? L’arbitrage de votre rémunération 2018 est loin d’être anodin et requiert attention et anticipation.

REPÈRE N°2 : QUELS TRAVAUX SUR VOTRE IMMOBILIER LOCATIF EN 2018 ET 2019 ?

Ce sujet suscite beaucoup d’interrogations… Avec l’année blanche, l’administration fiscale a souhaité éviter que vous ne renonciez à faire des travaux en 2018 et que vous les reportiez à 2019. Comment ?

  • Les dépenses liées aux travaux locatifs que vous réalisez en 2018 seront entièrement déductibles des revenus fonciers 2018 ;
  • Ces mêmes dépenses seront également déductibles des revenus fonciers 2019 à hauteur de 50%.
  • Les dépenses liées aux travaux locatifs que vous réalisez en 2019 seront déductibles des revenus fonciers 2019 à hauteur de 50% seulement.

Si cette règle paraît simple au premier abord, elle se révèle plus complexe qu’il n’y paraît. La stratégie qui apparaît « gagnante » a priori est de réaliser ses travaux en 2018 afin de pouvoir déduire de façon optimale. Oui, mais …. Dans la mesure où 2018 est une année « blanche », encore faut-il avoir des revenus pour les imputer et/ou les reporter. Les situations pouvant varier d’un contribuable à l’autre, la plus sage décision est de se pencher précisément sur votre situation afin de pouvoir arbitrer sereinement et ne pas se faire de fausses idées…. Bien évidemment, entamer une telle réflexion suppose que le montant des travaux en jeu soit suffisamment significatif.

REPÈRE N°3 : QUELS RÉDUCTIONS OU CRÉDITS D’IMPÔT EN 2018 ?

Pour commencer, il faut bien identifier la subtile différence entre une réduction et un crédit d’impôt.

Un crédit d’impôt (pour employé à domicile, garde d’enfants, travaux sur la résidence principale…) vient en déduction de l’impôt à payer. S’il n’y a pas d’impôt, le crédit d’impôt est remboursé au contribuable par l’administration fiscale. L’année blanche ne vous fera pas perdre le bénéfice de vos crédits d’impôt.

Quant à la réduction d’impôt (pour dons, investissements immobiliers, …), elle se déduit elle aussi de l’impôt à payer, mais ne peut donner lieu à restitution en cas d’impôt nul. Du fait de l’année blanche et de la non-imposition de vos revenus « habituels » perçus en 2018, les réductions d’impôt n’auront a priori qu’une incidence très réduite en 2018. Pour pouvoir les utiliser, il faudrait que vous soyez imposé sur des revenus « exceptionnels ». C’est pourquoi l’administration fiscale a prévu une restitution exceptionnelle.

En revanche, les abattements et réductions qui viennent réduire votre revenu imposable comme la déduction des intérêts d’emprunt pour l’acquisition d’un bien locatif ou les investissements réalisés sur un PERP (Plan d’Epargne Retraite Populaire) verront quant à eux leur effet réduit à néant si vous n’avez que des revenus « habituels » et fortement réduit si vous avez des revenus « exceptionnels ».

Mon objectif avec ces trois premiers repères est de vous faire comprendre que même si la réforme du mode de paiement de l’impôt sur le revenu ne s’appliquera qu’à partir du 1er janvier 2019, votre situation et vos décisions au cours de l’année 2018 sont déterminantes. Elles peuvent avoir une incidence sur le traitement de votre situation en 2019.

Vous pencher sur votre situation par rapport aux repères présentés et entrer dans le détail de votre situation est un exercice incontournable pour être sûr de prendre les bonnes décisions dès cette année.

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— A SUIVRE LA SEMAINE PROCHAINE —

EPISODE 2 : VOS NOUVEAUX REPÈRES A PARTIR DE 2019

 

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