EPISODE 2

DEUX REPÈRES POUR BIEN ANTICIPER VOTRE SITUATION EN 2019

 

Dans mon article de la semaine dernière, je vous présentais trois repères pour bien gérer votre situation dès 2018 dans la perspective de la mise en œuvre du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu à partir du 1er janvier 2019 :

  • Repère n°1 : Quelle rémunération pour 2018 ?
  • Repère n°2 : Quels travaux locatifs pour 2018 et 2019 ?
  • Repère n°3 : Quels réductions ou crédits d’impôts en 2018 ?

Intéressons-nous maintenant à l’année 2019 au cours de laquelle le système de paiement de l’impôt sur le revenu va véritablement changer. Comment cela va-t-il affecter votre situation ? votre trésorerie ?

RÉFLEXE N°4 : COMMENT GÉRER VOTRE TRÉSORERIE A PARTIR DE 2019 ?

Au-delà du « cadeau » de l’année blanche en 2018, la vraie réforme de l’impôt sur le revenu réside bien dans son mode de recouvrement. Le nouveau système de prélèvement semble plus simple puisque l’impôt sera prélevé directement sur certains revenus dont votre rémunération comme nous l’avons vu dans l’épisode 1. Mais qu’en est-il exactement ?

Votre situation sera effectivement plus simple à gérer, à condition toutefois que vous ayez un revenu stable d’une année sur l’autre. Vous n’aurez alors que peu de surprise.

En revanche, les choses se compliquent, si vous avez une rémunération qui peut varier à la hausse, comme à la baisse d’une année sur l’autre. Pourquoi ? Vous êtes prêt pour l’explication ? En janvier 2019, l’administration fiscale se référera à votre taux d’imposition sur vos revenus 2017 pour prélever l’impôt (ce sera sa seule référence à ce moment-là) sur votre rémunération à partir du mois de janvier. Ce n’est qu’à partir du mois de septembre 2019 qu’elle pourra ajuster votre taux d’imposition sur la base de votre situation en 2018, en appliquant le taux qui apparaîtra sur votre avis d’impôt sur le revenu 2018. Et en 2020, lorsque vous recevrez votre avis d’impôt sur les revenus 2019, l’administration fiscale fera le bilan des courses :

  • soit vous aurez trop réglé en 2019 (si votre rémunération a baissé par rapport à celle de 2017) et l’administration fiscale vous remboursera du trop perçu ;
  • soit vous n’aurez pas été suffisamment prélevé au cours de l’année 2019 (si votre rémunération a augmenté entre celle de 2017 et celle de 2018) et vous devrez alors régler le solde en août/septembre 2020 !

Conclusion : que ce soit pour vous dirigeant ou pour les salariés de votre équipe qui avez une rémunération variable, la prudence est de mise et je vous recommande dans ce cas de bien anticiper la gestion de votre trésorerie personnelle afin d’éviter…. les mauvaises surprises…..

Derniers éléments concernant votre gestion de trésorerie, les crédits ou réductions d’impôt n’auront aucune incidence sur le taux du prélèvement à la source. Vous ferez donc en quelque sorte une avance de trésorerie en attendant le calcul définitif de votre impôt en septembre de l’année suivante (ex : en septembre 2020 pour les crédits et réductions d’impôt 2019). C’est en effet seulement à ce moment-là que vos crédits et réductions d’impôt viendront diminuer votre impôt.

RÉFLEXE N°5 : ET LA « FLAT TAX » DANS TOUT CELA ?

La flat tax (en français et dans les textes « Prélèvement Forfaitaire Unique – PFU ») de 30% s’applique sur les revenus du patrimoine (dividendes, intérêts, plus-value de cession de titres). Elle se décompose en deux parties : 12,8% pour l’impôt sur le revenu et 17,2% pour les prélèvements sociaux.

Elle s’applique automatiquement l’année de perception des revenus quel que soit votre niveau de revenu. L’année suivante, l’imposition définitive intervient avec la traditionnelle déclaration de revenus (qui ne disparaît pas). Vous avez alors deux options :

  • soit la flat tax devient libératoire ;
  • soit vous décidez que les revenus concernés sont soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

L’option est globale pour l’ensemble des revenus. L’apparition de cette flat tax rend avantageuse pour les dirigeants la sortie de dividendes des sociétés qui ont accumulé de la trésorerie. Néanmoins, tout excès doit être banni car il y a fort à parier que l’administration fiscale ou le législateur souhaitera éviter des sorties trop massives.

Alors pourquoi cette flat tax ? Ce qui est sûr, c’est qu’elle favorise les placements financiers au détriment des investissements immobiliers, désormais imposés plus lourdement avec l’application du barème progressif et des prélèvements sociaux alourdis.

Une personne qui perçoit des revenus fonciers et qui se situe dans la tranche marginale à 30% par exemple verra son revenu foncier imposé à 30 % + 17,20%, soit 40,20% au global (après prise en compte de la CSG déductible) quand un dividende sera de son côté imposé à hauteur de 12,8% + 17,20%, soit 30% (CSG non déductible dans ce cas).

Au final, entre la réforme des modalités de paiement de l’impôt sur le revenu, l’année blanche et la mise en place de la flat tax, l’année 2018 est une année stratégique pour faire le point sur votre fiscalité.

Ces changements nécessitent une réflexion pour savoir si dans votre cas particulier le statu quo est de mise ou s’il est opportun d’opérer quelques ajustements sur votre situation. Cette réforme entraînera probablement des modifications dans votre stratégie financière et patrimoniale.

Pour le savoir, il convient d’entrer dans le détail de votre situation. La planification de votre situation va devenir indispensable.

C’est pourquoi, j’ai conçu un accompagnement spécifique pour vous guider et vous permettre de prendre vos décisions en toute connaissance de cause, le GPS FISCAL DU DIRIGEANT.

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— A SUIVRE LA SEMAINE PROCHAINE —

EPISODE BONUS  : PRÉLÈVEMENT A LA SOURCE, COMMENT SENSIBILISER ET INFORMER VOS SALARIES ?

 

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